Portrait du mois

Le portrait du mois : Christophe Delavignette, « Monsieur Folklore »

Ce mois-ci, nous interviewons Christophe Delavignette du Racing Club de Bruxelles, que nous nous sommes permis d’appeler « Monsieur Folklore ». Il nous explique pourquoi.

H.T. : Bonjour, Monsieur Delavignette. En vous présentant, nos lecteurs comprendront pourquoi ce surnom.

C.D. :  Il faut d’abord s’entendre sur le mot folklore. Par folklore, moi, j’entends : fête et partage. On peut vouloir faire des choses sérieuses tout en s’amusant. L’idée ici est de fédérer un maximum de gens dans une ambiance conviviale. Prendre du plaisir à se retrouver autour d’une activité, d’une manifestation. Et s’amuser ensemble. Si les gens me voient comme quelqu’un de folklorique dans ce sens-là du terme, je prendrai cela comme un vrai compliment.

 

H.T. : Bien sûr, c’en est un, c’est bien comme cela que nous l’entendons. Petit retour sur l’événement de l’an passé : la rencontre Léo – Racing, c’est un peu comme Union-Anderlecht, le derby qui attire les foules, le match à ne pas manquer. Le cortège que vous avez organisé a été un magnifique succès. Racontez-nous.

 C.D. : La notion de derby signifie une rencontre sportive entre clubs voisins. Celle-ci ci revêt toujours plus d’importance aux yeux du public, parce que souvent accompagnée d’une certaine rivalité entre « frères ennemis ». Chaque club veut être le n°1 de la commune ou de la ville. En foot, il y a bien sûr maintenant le derby Union-Anderlecht. Mais pendant des années, c’était plutôt Union-Daring. Ce qui nous ramène au folklore bruxellois avec Bossemans et Coppenolle. Au hockey, nous avons repris cette tradition autour de la rencontre Léo-Racing. Alors oui, l’année passée, la première édition de la Zwanzerat a connu un beau succès parce que c’était nouveau et, je dois dire, sans doute assez inattendu pour les habitués, qui gravitent autour des terrains. Ce que l’on a surtout voulu mettre en avant, c’est l’esprit convivial d’une telle manifestation. Sous la forme de procession, nous avons déambulé dans les rues d’Uccle, au son de la fanfare et au pas des chevaux. L’accueil au Léo a été fantastique. Vu l’ambiance ce jour-là, certains pensaient que l’on jouait déjà les play-offs en octobre.

 

H.T. : Léo et Racing, des frères ennemis, en bagarre pour le titre ; tous se connaissent parfaitement, dirigeants, coachs et joueurs. Frères ennemis, mais qui s’apprécient néanmoins ?

C.D. : Je dirais que les deux clubs se côtoient sans trop de problème. Il y a, me semble-t-il, une bonne entente entre les dirigeants. Avec même une certaine entraide. Deux exemples. Le Racing a mis ses terrains à disposition pour quelques entraînements du Léo pendant une période. Et par rapport à la Zwanzerat, le Léo joue le jeu en nous ouvrant grandes ses portes et en nous réservant toute une tribune pour l’occasion.

Au niveau des joueurs, tout le monde se connaît évidemment. Certains jouent ensemble en équipe nationale, d’autres sont amis dans la vie. Et sur le terrain, il y a – je crois – une saine rivalité.

Bien sûr, chaque équipe veut gagner. Mais dans un respect mutuel. Chacun ayant récemment gagné un titre de Champion de Belgique, la lutte cette saison n’en sera que plus belle. J’ose espérer que la confrontation du 23 Octobre donnera lieu à un beau spectacle.

Quant aux supporters des deux camps, ils ont évidemment leur rôle de douzième homme à tenir : encourager leur équipe mais en respectant l’adversaire.

Le derby, qui s’annonce, doit pouvoir se dérouler en toute sportivité.

 

H.T. : Vu le succès de l’an passé, vous remettez le couvert, si l’on peut dire. Mais avant d’en parler, dites-nous comment vous est venue cette idée de renouer avec le folklore.

C.D. : Renouer avec le folklore m’est apparu comme une nécessité, en constatant l’ambiance qui régnait généralement autour des terrains.

Pendant tout un temps, j’ai observé une grande différence entre ce qui se passait pendant la phase classique, c’est-à-dire rien (ou presque rien) et les play-offs, où régnait un climat plus tendu, plus électrique.

Maintenant, même en saison régulière, il y a des matchs qui continuent à se dérouler dans l’indifférence générale, malgré la qualité du spectacle proposé et d’autres qui dégénèrent sur ou dehors du terrain parce que l’enjeu dénote sur le jeu lui-même.

Je pense qu’il faut se rendre au stade dans un état d’esprit plus positif : vouloir assister à une belle rencontre de hockey dans une ambiance la plus conviviale possible. L’important doit rester de s’amuser et de prendre du bon temps ensemble, quelle que soit l’issue du match.

 

H.T. : Mettre en place tout cela, ce n’est pas une sinécure, j’imagine : vous sollicitez beaucoup de monde, vous avez de l’aide, une équipe autour de vous, le soutien de la Commune ?

 C.D. : Mettre sur pied l’événement a demandé beaucoup d’investissement personnel. Avoir l’idée, c’est une chose mais développer le concept en est une autre. On partait de rien et il fallait tout organiser. Alors oui, heureusement, il y a eu quelques aides. Notamment au niveau financier, parce qu’une telle manifestation, aussi folklorique soit-elle, a un coût Et puis aussi au niveau médiatique : nous avons eu droit au soutien de quelques journalistes et à un sérieux coup de pub.

La Commune, elle, a joué le jeu en accordant quelques facilités Et le bourgmestre lui-même a participé à la parade.

La question s’est clairement posée quant à la réorganisation d’une telle activité mais l’envie d’en faire une tradition (et que d’autres s’y investissent …) nous a confortés dans l’idée qu’il fallait continuer.

 

H.T. : Venons-en au programme de cette année, qui nous concerne directement. Vous avez eu la gentillesse d’inviter à cette journée Hockey Together, pour mettre en vitrine le para-hockey. C’était important pour vous ?

C.D. : La manifestation folklorique de l’année passée avait déjà permis de fédérer pas mal de monde. Mais j’avais envie d’aller plus loin. C’est la commune d’Uccle qui m’a d’abord suggéré d’y associer les Aînés. Et puis, je suis tombé sur un reportage et des photos d’un tournoi de hockey auquel les Red Giants participaient. J’y ai reconnu le gardien de but Harry, le fils de mon ami Luc Ickx. Cela m’a vraiment touché, au point de vouloir faire quelque chose pour le parahockey. Et tout naturellement est venue alors l’idée d’un match exhibition le même jour que des rencontres DH. Le programme du dimanche 23 Octobre prochain prévoira donc bien tout ça et j’en suis très heureux.

 

H.T. : Deux sections de para-hockey dans deux clubs à Uccle – le Wellington et Uccle Sport – c’est bien suffisant pour la Commune. Mais c’est sympa de voir que le Racing et le Léo se sont mis d’accord pour soutenir votre initiative : tout le mérite vous en revient, mais nous n’oublions pas de les remercier. Concrètement, comment cela va-t-il se dérouler, ce 23.10, en dehors et sur le terrain ?

C.D. : Au risque de me répéter, cette journée du 23 Octobre se veut surtout festive. Cela doit être la fête sur et en-dehors du terrain. L’enthousiasme autour de cette manifestation me fait croire que ce sera bien le cas. Le Léo, par l’entremise de ses dirigeants, a tout-de-suite adhéré au projet d’associer le parahockey. Au Racing, il y a un parent particulièrement sensibilisé à cette initiative. Edward Peters-Dickie, pour ne pas le nommer. Sa fille Aurore et ses deux fils devraient être de la partie. Quant au Wellington et à Uccle Sport, leur implication dans Hockey Together n’est plus à démontrer mais je me réjouis quand même de pouvoir mettre en avant leur action grâce à cette journée.

Alors, pour en revenir au programme en tant que tel, il est important de souligner que l’on espère voir le plus de monde participer ou assister à ce qui se passera. C’est-à-dire tout d’abord une procession qui partira du Racing à 10 heures. Il y aura un parcours dans les rues d’Uccle avec une animation folklorique (attelage, fanfare, figurants costumés…). Ensuite de 11h30 à 13h, une réception au bistrot « Chez Musette », avec une animation musicale. Voilà pour la partie « en-dehors du terrain ».

Pour la partie « sur le terrain », cela se passera au Léo Avenue Dupuich. De 13h30 à 14h15. Il y aura des rencontres Hockey Together avec la participation des Red Giants ainsi que celle des quatre clubs de la Commune : le Léo, le Racing, le Wellington et Uccle Sport. Il y aura encore du hockey de 15h à 16h30 avec la rencontre DH Messieurs Léo – Racing.

Ce programme, étalé sur pratiquement toute la journée, s’avère très ambitieux mais il doit surtout permettre au plus grand nombre de pouvoir participer à la fête.

 

H.T. : Nul doute que la presse sportive et locale relayera l’événement : notre site vous est grand ouvert en tous cas. Un souhait à formuler pour ce dimanche que l’on attend avec impatience ?

C.D. :  C’est sans doute la question la plus difficile : que souhaiter par rapport à un événement dans lequel on a tellement investi, dans lequel on a beaucoup donné de sa personne ? Je tiens tout d’abord à préciser que je ne le fais pas pour moi ! Cette édition de la Zwanzerat est placée sous le signe du partage et de la tolérance.

Alors, à quoi peut bien tenir la réussite d’une telle manifestation ? Le but premier est de fédérer un maximum de monde mais mon aspiration profonde est de voir des sourires sur certains visages, plus que d’autres : je pense à des Guillaume, Harry, Aurore, Ophélie, … je pense aussi à des Aînés qui peut-être nous rejoindront pendant la journée, s’ils en sont capables.

Je crois que ce qui compte vraiment, c’est d’une manière ou d’une autre, arriver à toucher les gens, que ce soit avant, pendant ou après l’événement. Mon souhait, finalement, c’est qu’à partir d’une simple idée d’amusement, on puisse procurer de la joie de vivre, tout simplement.

 

H.T. : Merci, Monsieur Delavignette, bravo pour ce que vous faites et bonne chance pour vos projets futurs.

 

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