Portrait du mois

Noé Reutenauer, réalisateur

Pour ce premier portrait du mois de l’année, nous rencontrons Noé Reutenauer qui a réalisé la vidéo Hockey Together 2023, que vous trouvez sur notre site : https://fb.watch/hEhQ17x04g/ . C’est notre administrateur Gilles Milecan qui l’interviewe : Gilles a participé au scénario de cette capsule vidéo et a organisé son tournage un soir d’octobre.

 

H.T. : Noé, merci de répondre à cette interview et merci tout d’abord pour cette belle vidéo : cela n’a pas été simple !

N.R. : Effectivement, le premier contact s’est noué juste avant le premier confinement, début 2020, et on pensait encore comme si tout allait bien et qu’on bouclerait la vidéo en trois mois. La gestation a été longue mais ça a été plutôt simple et limpide. Les allers-retours avec le CA d’Hockey Together n’ont pas posé de problèmes. Les idées étaient claires et le canevas proposé a rapidement été approuvé. Les conditions de tournage, au mois d’octobre 2022, n’étaient cependant pas évidentes. Parce que la nuit tombait plus tôt que ce que nous avions initialement prévu avec un tournage au début de l’été. Mais aussi parce qu’on a dû tenir compte des horaires d’entraînement des autres équipes du club où on tournait (NdlR : le Wellington). Enfin, parce qu’on a perdu un peu de temps le jour même, le caméraman, Julien, ayant oublié un de ses objectifs. Le temps qu’il le récupère, le créneau s’était rétréci et nous ne disposions pas d’éclairage supplémentaire. C’était donc un défi un peu sportif ! Mais j’aime bien ce genre de défi et, finalement, le temps passé depuis le premier contact a été un bon allié pour maturer les choses.

H.T. : Les premiers échos reçus sont tous très positifs : c’est bien enlevé, ça donne envie …

N.R. : Tant mieux ! C’est une vidéo de commande et les exigences étaient claires : donner envie de rencontrer les joueurs et l’encadrement de HT, d’aller jouer au hockey avec eux, le tout dans la joie et la bonne humeur tout en étant éloigné de l’esprit de compétition, de l’esprit sportif pur et dur. Un peu d’humour, des images engageantes devaient aussi servir à prendre un peu de distance avec un côté qui aurait pu paraitre trop sérieux.

H.T. : J’aurais peut-être dû commencer par te présenter ! Je te connais bien, mais pas nos lecteurs …

N.R. : Je suis venu de France il y a quinze ans pour faire mes études de réalisateur à l’IAD et j’ai décidé de rester. Depuis, je travaille et je concrétise des projets personnels, que j’écris et réalise, surtout des courts-métrages jusqu’à présent.

H.T. : Tu viens de sortir « Une bosse dans le cœur » (un documentaire nous emmène à la rencontre de Kirill, 33 ans, qui cherche l’amour mais ne le trouve pas. Il est trisomique et les femmes non-handicapées qu’il tente de séduire le rappellent toujours à cette différence).

N.R. : En effet, il est déjà pas mal passé en salles à Bruxelles, mais aussi à la RTBF et il est disponible sur Auvio. Il repassera au cours de l’année sur la RTBF mais je ne sais pas encore quand. Par ailleurs, Screenbox, la boîte de distribution du film, monte une tournée en Wallonie mais, là non plus, je ne dispose pas encore des dates…

H.T. : J’invite chacun à aller voir ce film : il est remarquable de justesse mais aussi de finesse dans l’évocation des liens entre réalité, vie fantasmée et espoirs, formulés ou non. En voici la bande annonce : https://fr-fr.facebook.com/screenbox.be/videos/une-bosse-dans-le-c%C5%93ur-bande-annonce/833158291462123/. Ma question, trop personnelle peut-être : qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser au monde du handicap ? Ce n’est pas la première fois …

N.R. : J’ai rencontré Kirill, le principal protagoniste d’Une bosse dans le cœur et la bande de « Zoufs », du Créahm, il y a 8-10 ans, quand je suivais des cours pour apprendre à être clown à l’Espace catastrophe pendant qu’eux s’y trouvaient aussi. On a sympathisé, puis ils m’ont demandé de faire un making off, puis on a fait « Zoufs », qui n’est pas une fiction mais qui ressemble à une fiction, (Ndlr ou l’inverse). On avait d’ailleurs un moment pensé faire appel à cette bande du Créahm pour jouer dans le clip HT mais on s’est dit que ce serait mieux de mettre en scène les vrais protagonistes, joueurs et coachs.

C’est en devenant pote avec Kirill que j’ai découvert le monde du handicap. Comme on était tristes de se quitter après « Zoufs », on a parlé de faire un autre film et on a fait « Une bosse dans le cœur ».

H.T. : Revenons au parahockey. Une impression, une réflexion, lors de ce tournage ?

N.R. : Ben, en réalité, je suis une vraiment nul en sports. Je ne connais pas les règles du foot, par exemple. Quand tu m’as parlé du hockey, je suis allé voir sur Internet à quoi cela ressemblait. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour traîner le long des terrains mais ce que j’ai vu, c’est le côté « valeurs humaines » qu’on ne retrouve malheureusement pas toujours dans le sport, un aspect civique, une volonté de partage.

H.T. : En fait, tu veux nous dire que nous avons été de bons acteurs ou tu n’oses pas nous dire que nous n’avons pas été de bons acteurs ?

N.R. : Plutôt de bons acteurs, alors que certains ne savaient même pas en arrivant au club qu’on leur demanderait de jouer et que Fred, qui joue son rôle de coach, ne s’attendait pas à ce qu’on lui demande autant de prises différentes. L’aspect participatif se sent et c’est exactement ce qu’il fallait pour faire la vidéo qu’on voulait.

H.T. : Pour notre part, nous sommes persuadés d’avoir fait le bon choix en faisant appel à toi pour réaliser cette vidéo. Merci beaucoup pour cela et merci aussi à ton caméraman, Julien, et bonne continuation : vive 2023 !

N.R. : Merci à vous ! C’était une très belle expérience.

 

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