Portrait du mois

Le portrait du mois : Michaël Lahousse, chargé de mission FSWBE-Spécialisé

Nous recevons ce mois-ci une personne qui a un rôle important pour le développement du parahockey et plus largement, des activités sportives organisées pour les élèves de l’enseignement spécialisé.

 

 

 

H.T. : Bonjour, Monsieur Lahousse. Merci de nous accorder cette interview. Pouvez-vous nous présenter tout d’abord votre Fédération ? Qu’y a-t-il derrière ce logo et ces initiales ?

M.L. : FSWBE pour Fédération Sportive Wallonie-Bruxelles Enseignement. Elle a pour mission d’organiser, développer, coordonner et soutenir les activités sportives (de compétition et/ou de découverte) dans les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

H.T. : En termes de chiffres, cela représente grosso modo combien d’établissements, combien d’élèves et combien d’enseignants ?

M.L. : Sur les 351 établissements scolaires en W-B.E toutes provinces confondues, ce n’est pas moins de 250 qui sont affiliés à notre fédération. Le nombre d’élèves et d’enseignants est complexe à donner mais je peux vous dire qu’environ 35.000 élèves participent à toutes nos journées sportives durant l’année scolaire !

Pour l’enseignement spécialisé, c’est 75 établissements affiliés (sur 80), 150 activités reprises au calendrier et environ 10.000 élèves bénéficiaires de nos organisations de sport scolaire.

 

H.T. : Pour bien cerner votre action, il nous faut quelques précisions. Votre titre est « chargé de mission » : pour tous les sports ou pour certains seulement, adaptés à l’enseignement spécialisé ?

M.L. : À la base, maître spécial en éducation physique, j’ai enseigné durant une vingtaine d’années dans l’enseignement spécialisé. J’ai eu l’opportunité de devenir chargé de mission en 2016 !

Le panel sportif est très diversifié et donc, je suis amené à organiser des activités multiples (sports collectifs, sports individuels, de loisirs mais aussi plus spécifiques comme la Boccia pour certains types de handicaps par exemple).

Mis à part pour les élèves de type 2, 4, 6 et 7 (voir plus bas) où la pratique sportive est adaptée ; pour les autres, ils peuvent assez facilement suivre un « cursus sport » traditionnel avec des règlements adaptés (peu contraignants et permettant plus de jeu, etc… ). L’exemple du Net-ball, cousin du Volley-ball est connu. Le sport-plaisir est aussi une notion très importante dans l’enseignement spécialisé !

Dans un avenir proche, il est prévu de travailler un peu plus sur des activités pour les enfants atteints d’autisme et à handicap moteur !

H.T. : Amener ces jeunes à faire du sport, les y encourager, c’est un fameux challenge …

M.L. : En effet mais tout cela est facilité par les 4 heures/semaines dévolues au cours d’éducation physique dans les écoles d’enseignement spécialisé. Le programme éducation physique pour l’année scolaire est souvent fait parallèlement au calendrier des journées sportives FSWBE afin de préparer les élèves aux différentes compétitions ou journées. Cela facilite grandement les apprentissages et la motivation aussi bien des élèves que des professeurs !

H.T. : Une précision encore. Type 1, type 8 : nos lecteurs ne savent pas nécessairement à quoi correspondent ces classifications.

M.L. : L’enseignement spécialisé (maternel, primaire et secondaire) est divisé en 8 types qui correspondent soit à un handicap ou à une difficulté d’apprentissage spécifique de l’élève :

Type 1 : jeunes présentant une déficience intellectuelle légère

Type 2 : jeunes présentant une déficience intellectuelle modérée à sévère

Type 3 : jeunes présentant des troubles du comportement

Type 4 : jeunes présentant une déficience physique (handicap moteur)

Type 5 : jeunes malades ou en convalescence (organisé en milieu hospitalier et à domicile)

Type 6 : jeunes présentant une déficience visuelle (aveugles et malvoyants)

Type 7 : jeunes présentant une déficience auditive (sourds et malentendants)

Type 8 : jeunes présentant des troubles des apprentissages (par exemple : dyslexie,  dyscalculie, dysphasie, …).

 

En primaire, l’enseignement spécialisé est agencé en 4 degrés de maturité (correspondant aux acquis scolaires qui sont visés) et non en années d’études comme dans l’enseignement ordinaire.

En secondaire, l’enseignement spécialisé est organisé en 4 formes. Les élèves y sont orientés en fonction de leur projet personnel.

H.T. : Quels sont les sports les plus appréciés par ces jeunes ? Ils découvrent le parahockey : leur première réaction, et aussi votre impression et le retour des enseignants ?

M.L. : En règle générale, tous les sports sont appréciés par les élèves de l’enseignement spécialisé qu’ils soient de compétitons ou de loisirs ! Découvrir le parahockey dans une infrastructure spécifique est déjà un énorme plus pour eux. Le retour de tout un chacun est très positif quant à la pratique, le matériel, l’encadrement de qualité et les valeurs de ce sport !

H.T. : Le parahockey me semble avoir de réels atouts : c’est pour les filles comme pour les garçons, c’est gai, c’est facile pour un débutant, chacun peut jouer à son rythme et selon ses capacités, c’est sans risque et c’est gratuit, vu que la Ligue Francophone de Hockey met à disposition tout le matériel et, en particulier, des coachs spécialement formés au handicap… Est-ce aussi votre avis ?

M.L. : Nous encourageons au maximum la mixité quand cela est possible dans tous les sports afin d’éviter tous les clichés que l’on entend parfois !

Le matériel adapté, coloré et sans danger est idéal pour débuter. La difficulté première est de jouer côté droit obligatoirement ce qui peut être perturbant pour ceux qui pratiquent l’unihockey scolaire (Floorball). Tout est question d’habitude et après quelques minutes de pratque, tout rentre dans l’ordre.

Aussi, les balles fournies sont adaptées pour l’initiation et une idée supplémentaire serait d’en avoir du même type mais d’un diamètre un peu plus grand pour les élèves ayant plus de difficultés motrices afin de leur permettre une meilleure réussite et progression !

La mise à disposition de coachs par la Ligue Francophone de Hockey est un atout indéniable. Ceux-ci s’adaptent aux conditions réelles mais ce n’est pas toujours évident car le public ciblé est très varié. Le petit plus qui pourrait améliorer encore cet aspect, serait de leur proposer, une formation sur les différents handicaps et la gestion de certaines situations et réactions des pratiquants à besoins spécifiques.

H.T. : Pour avoir participé à deux initiations à Namur et à La Louvière, j’ai trouvé en tous cas qu’il y avait beaucoup d’enthousiasme et d’application chez ces jeunes. Merci de les avoir organisées, c’était chouette. Vous en avez prévu d’autres encore, je crois …

M.L. : Hockey Namur et La Louvière Hockey club nous ont déjà accueilli et nous avons encore rendez-vous au Old club de Liège pour cette année scolaire !

Aussi, 30 élèves d’une école spécialisée W-B.E du Brabant-Wallon ont pu participer à une initiation avec l’enseignement ordinaire au Lara Hockey club Wavre puisqu’il y existe une section Parahockey.

J’en profite pour remercier tous les clubs qui nous ont ouvert leurs portes cette année, espérant que nous pourrons, ensemble, réitérer la démarche dans un futur proche. Mais aussi dans d’autres clubs afin de toucher toutes les régions et en augmentant le nombre de participants.

H.T. : L’AFFSS (sport scolaire), la Ligue Francophone de Hockey et Handisport ont collaboré pour réaliser un bel outil pédagogique, rédigé par Emilie Sinia que nous avons présentée dans un précédent portrait, qui est téléchargeable sur le site d’Handisport : https://www.handisport.be/espace-sport-scolaire/outils-pedagogiques/ . Une aide précieuse, assurément, pour les enseignants qui hésiteraient à faire les premiers pas !

M.L. : En effet, c’est un très bel outil pédagogique clair et complet tout comme la brochure Hockey2school qui permet d’appréhender la technicité et la spécificité du Hockey !  Les informations diverses, les photos, les critères de réussite et les exercices permettent facilement de se lancer dans ce sport collectif pour peu de faire une petite formation supplémentaire !

H.T. : Finalement, l’objectif, c’est quoi ? Amener des jeunes à s’inscrire dans un club ou introduire le parahockey dans les établissements, pour que cela ne reste pas un one-shot ? Des deux côtés, il faut convaincre : le joueur ou la joueuse, d’une part, les parents de ces jeunes, les éducateurs et encadrants, de l’autre : pas facile …

M.L. : C’est bien l’objectif poursuivi de ce partenariat ! Le processus en est à ses débuts et si nous attirons ne serait-ce que quelques jeunes à la pratique dans un club, ce sera déjà très bien. Si le joueur(euse) est souvent demandeur(deuse), la difficulté réside dans le comportement de chacun des acteurs et le suivi n’est pas toujours évident ! Un milieu social moins favorable ne facilite pas non plus mais l’accueil gratuit en section parahockey est une belle opportunité, la publicité doit être plus conséquente et tout doit se mettre en place pour perdurer !

La Ligue Handisport Francophone souhaite aussi faire plus de détection afin de découvrir de futurs para athlètes.

Les Fédérations sportives scolaires, les Fédérations de sports, les clubs et les Ministère des Sports et de l’Enseignement doivent doivent mettre tous les moyens possibles pour avancer et progresser en la matière !

H.T. : Merci beaucoup, Monsieur Lahousse, pour tout ce que vous faites, nous savons combien c’est important. Hockey Together, c’est un travail d’équipe et le parahockey est ouvert à tous : bons succès dans vos actions, inutile de vous dire que nous les applaudissons et les soutenons.

M.L. : Les actions menées avec motivation et passion ne peuvent être que positives !

Nous adressons nos remerciements sincères à la Ligue Francophone de Hockey, à Hockey Together et tous les acteurs (trices) qui collaborent à ce travail.

 

 

 

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